19 janvier 2022

Premiers de corvée

Il est communément admis dans « le milieu » de l’orthodoxie économique néolibérale que le salut de l’humanité toute entière tient dans l’exacerbation de la corvéabilité des hommes et des femmes peuplant notre planète. Ce remède proclamé partout pour résoudre la crise profonde du capitalisme – qu’il soit libéral ou d’État comme en Chine – confine tout à la fois au harcèlement thérapeutique et à une religiosité arrogante. Les observateurs critiques ont alors du mal à faire entendre leur voix pertinente face à la pensée dogmatique.

Des chiffres

L’Empire des chiffres ayant définitivement supplanté la République des lettres les « décideurs » politiques sont passés maîtres dans l’art de choisir les opportunes données leur permettant d’appuyer leurs desseins le plus souvent dictés par « les forces du marché ».

Avis de régression générale

À chaque année qui passe les espoirs d’une « mondialisation heureuse » s’éloignent. Certes, seuls les hommes les plus naïfs et ceux qui avaient intérêt à leur faire croire à cette fable grossière usaient ces dernières années de cet adjectif collé à un processus mortifère puisque orchestré par « les nouveaux maîtres du monde » contre les « multitudes ». Partout, les possesseurs du capital exploitent de manière éhontée puis jettent sans vergogne des « flux » de main-d’œuvre qui viennent alors grossir les rangs des outsiders. Partout, une économie de dévoration ravage les écosystèmes pour nourrir en « ressources » épuisables la méga-machine dont les rejets nocifs sont, de plus, impossibles à contenir désormais. Partout, les fractures sociales et écologiques poussent des pans entiers des sociétés humaines vers le désespoir. Sur ce terreau fertile des hommes et des femmes se prétendant de bonne volonté se font élire pour diriger à leur tour le système qui les a si bien servi jusqu’alors. Ils ne feront ensuite qu’aggraver le sort des plus humbles et renforcer celui des nantis car telle est la loi du capitalisme débridé dont ils ne songeront surtout pas à inverser le sens profond.

« Une ambition intime » ou la politique poussée vers le caniveau

Cela sonne comme un aboutissement, l’aboutissement d’une époque calamiteuse au plan de l’indécence notoire de la classe politique dominante et des médias de masse tout à la fois. Cela se passe à la télévision telle qu’on la fait aujourd’hui dans l’espoir de crever le plafond de l’audience. Cela a lieu sur M6, là où voilà une quinzaine d’années « Loft story » lançait le cycle vulgaire de la télé-réalité. En 2016, à quelques mois de la prochaine Présidentielle, la chaîne à sensations bon marché invente avec « Une ambition intime » un nouveau concept racoleur ; tous les candidats à la magistrature suprême vienne y répandre les avatars de leur vie privée. Les mêmes qui dénonçaient la « télé-poubelle » que constituait les batifolages de la pathétique Loana et de ses comparses se précipitent désormais sur le plateau de la nouvelle émission afin d’être la proie consentante de l’instinct voyeur de leurs congénères à l’ambition culturelle minimale.

Primaires, la belle affaire

La récente rentrée Nous a fait pénétrer dans un long tunnel, le tunnel des Primaires. Nous usons ici de la majuscule pour nommer un fait dont le contenu, osons le parier, s’avèrera insignifiant. Les « grandes formations » et les petites s’adonnent désormais à cet exercice venu d’ailleurs et gonflé comme la bouée de sauvetage d’une politique tellement dévoyée au fil des scrutins électoraux et de la lancinante succession des gouvernements monochromes.